Sac de fille, l’objet de survie

Après relecture, j’aurai pû intituler cet article « Juste au cas où » . Parce que oui, c’est justement ce « juste au cas où » qui change tout mais bref.

Lundi matin. 8h43. Devant la porte du boulot. Je cherche mon badge depuis déjà quasiment 5 minutes. La grande galère du matin. Parfois, je l’anticipe, je cherche mon badge DANS la voiture. Au chaud. Pas devant l’entrée du bâtiment, en plein courant d’air.

Mais ce matin là, j’avais clairement zappé l’anticipation.

8h45. Toujours pas de badge. Là, je commence à douter de l’avoir pris… Pas le choix, obligée d’entreprendre des fouilles quasi archéologique au fond de mon sac.

8h47. J’ai enfin mis la main sur ce fichu bout de plastique. Soulagement et fierté. Quand un grand « Ah ouais quand même » me casse dans mon élan. Un collègue. Evidemment. Qui me regarde avec une tête hallucinée.

Ouais, agacée de ne pas le trouver, j’avais fini par vider la quasi intégralité de mon sac par terre, d’où sa tête.

La Détox, les marketeurs et moi

Certaines choses auront toujours le don de me surprendre. Et l’une d’entre elle, c’est la capacité qu’ont les marketeurs pour transformer un mode de vie en véritable tendance.

Dans les années 2000, il fallait être écolo, manger bio, se déplacer à vélo et consommer local. Il fallait remplacer les bains par des douches rapides et utiliser de la cendre pour nettoyer ses vitres. Soit. Dans les années 2000, il fallait être Green sous peine de passer pour un destructeur capitaliste. C’était l’émergence des bobos et de tout ce qui va avec. Non pas que je critique, il parait que j’en fais parti. Il parait.

Aujourd’hui, en plus d’être green, il faut aussi savoir prendre soin de soi. En 2016, notre corps doit être un temple dédié à la vitalité et au bien être. Rien que ça. En 2016, il faut boire des litres de jus détox, bannir le gluten, être vegan, faire du yoga, du fitness et cuisiner des plats aussi beaux que sains pour ses enfants parfaits dans son appartement parfait. #happymama le retour.

Ouais. Rien que ça.

L’expérience de la vie parfaite

Les réseaux sociaux, Instagram en tête, nous font croire que tout est simple, tout est beau, tout est sain. A grand coup de #happymama, #healthy ou #fitgirl, mon feed Instagram ressemble à un conte de fée sur papier glacé version connectée. Mais dans ce conte, les princesses sont des super-modeuses, des globe-trotteuses, des super-sportives et évidement sont super heureuses. Cette vie parfaite et virtuelle nous fait croire que prendre un brunch à Paris le matin, enchaîner avec un déjeuner healthy à Londres le midi et finir par un coucher de soleil à Venise est possible… dans une même journée.

Balèze.

Alors un matin, je me suis levée et j’ai voulu essayé moi aussi, la vie de Barbie.

J’avais dormi 9h, il faisait beau, mes cheveux ne faisaient pas leur mauvaise tête et j’avais même eu le temps de prendre ma tenue + mon thé + mes chaussures en photos, pour anticiper mes futurs post Instagram. Bref, la journée s’annonçait parfaite. J’y étais. J’allais moi aussi avoir une vie où mon appartement est toujours impeccable (comme mes cheveux) et ou mes murs sont d’un blancs immaculés. Alors pleine d’une belle énergie, je suis partie de chez moi avec 15 minutes d’avance. Mais là, les choses se sont compliquées :

Old School : la pudeur 2.0

Tout le monde le sait, les technologies évoluent vites. Très vites. Et il arrive forcément un moment où vous êtes dépassés. Où ces nouvelles choses viennent bousculer vos petites habitudes.  Votre petit monde. Et où vous devez vous adapter pour survivre. C’est dans l’ordre des choses.

Et c’est lors d’une discussion (aka agression) en soirée, que je me suis rendue compte que j’étais définitivement larguée. J’avais loupé le coche. Dans le « s’adapter ou mourir » des réseaux sociaux, j’étais quasiment morte et enterrée. « Sérieusement ?! T’as jamais utilisé Tinder ? Ni Hapn ?! T’as Snapchat au moins ?! » . Vlan ! La phrase assassine venait d’être lancée par une 20 ans et des poussières. Après avoir accusé le coup comme un boxeur qui vient de se prendre un crochet du droit en pleine face, je me suis contentée de lui répondre que « Non, je n’ai pas besoin de ces applications puisque que, contrairement à toi, je n’étais pas célibataire MOI » .