La Détox, les marketeurs et moi

Certaines choses auront toujours le don de me surprendre. Et l’une d’entre elle, c’est la capacité qu’ont les marketeurs pour transformer un mode de vie en véritable tendance.

Dans les années 2000, il fallait être écolo, manger bio, se déplacer à vélo et consommer local. Il fallait remplacer les bains par des douches rapides et utiliser de la cendre pour nettoyer ses vitres. Soit. Dans les années 2000, il fallait être Green sous peine de passer pour un destructeur capitaliste. C’était l’émergence des bobos et de tout ce qui va avec. Non pas que je critique, il parait que j’en fais parti. Il parait.

Aujourd’hui, en plus d’être green, il faut aussi savoir prendre soin de soi. En 2016, notre corps doit être un temple dédié à la vitalité et au bien être. Rien que ça. En 2016, il faut boire des litres de jus détox, bannir le gluten, être vegan, faire du yoga, du fitness et cuisiner des plats aussi beaux que sains pour ses enfants parfaits dans son appartement parfait. #happymama le retour.

Ouais. Rien que ça.

L’expérience de la vie parfaite

Les réseaux sociaux, Instagram en tête, nous font croire que tout est simple, tout est beau, tout est sain. A grand coup de #happymama, #healthy ou #fitgirl, mon feed Instagram ressemble à un conte de fée sur papier glacé version connectée. Mais dans ce conte, les princesses sont des super-modeuses, des globe-trotteuses, des super-sportives et évidement sont super heureuses. Cette vie parfaite et virtuelle nous fait croire que prendre un brunch à Paris le matin, enchaîner avec un déjeuner healthy à Londres le midi et finir par un coucher de soleil à Venise est possible… dans une même journée.

Balèze.

Alors un matin, je me suis levée et j’ai voulu essayé moi aussi, la vie de Barbie.

J’avais dormi 9h, il faisait beau, mes cheveux ne faisaient pas leur mauvaise tête et j’avais même eu le temps de prendre ma tenue + mon thé + mes chaussures en photos, pour anticiper mes futurs post Instagram. Bref, la journée s’annonçait parfaite. J’y étais. J’allais moi aussi avoir une vie où mon appartement est toujours impeccable (comme mes cheveux) et ou mes murs sont d’un blancs immaculés. Alors pleine d’une belle énergie, je suis partie de chez moi avec 15 minutes d’avance. Mais là, les choses se sont compliquées :

Niaiserie et gueule-de-bois

Il y a trois jours, j’ai reçu un carton de remerciements. Vous savez le truc que vous envoyez, quand vous venez de vous marier, aux invités pour les remercier de leur présence, de leur amour, d’avoir illuminer votre journée et partager ce moment de grâce. Dans mon cas, c’est le genre de truc qui me rappelle que 1°) je n’ai toujours pas envoyé ceux de notre mariage (et c’était en avril dernier…), 2°) dès qu’il s’agit d’amour, les gens ont tendance à en rajouter des tonnes dans la niaiserie (ce qui me provoque des hauts le cœur) et 3°) il va falloir que je m’habitue à ce genre de choses (parce que oui, ça changent des invitations à des soirées).

Quand on était à la fac, nos semaines étaient rythmées par les tonus du jeudi soir, les soirées de fin de partielles et les récupérations du dimanche après-midi. Et les gueules de bois. Maintenant qu’on est « sensé » être entré dans la phase adulte, qu’on travaille et qu’on approche de l’âge où « la terre entière autour de vous à décider de procréer » , nos semaines, et plus généralement notre vie sociale, sont rythmées par les mariages, les naissances, les baptêmes et les soirées devant Secret Story parce qu’on n’est plus capable de sortir en fin de semaine. Enfin, JE ne suis plus capable de sortir le vendredi soir. Bam !